ASHTANGA YOGA

Ancré dans la tradition et la discipline

L’Ashtanga Yoga vient de Mysore, en Inde. Il a été développé et enseigné par Sri K. Pattabhi Jois, puis transmis par son petit-fils, R. Sharath Jois.

C’est une séquence précise de postures, chacune reliée par la respiration. La pratique est exigeante parce qu’elle demande constance, discipline et dévotion.

La séquence ne change pas, mais la personne qui la pratique, si. Chaque jour, elle reflète l’état du moment : le corps, le mental, l’émotionnel. Certains matins tout coule ; d’autres, tout résiste.

C’est une expérience intime, brute, directe : pas de musique, pas de fioritures — seulement le souffle et le mouvement.

C’est là que réside la force de l’Ashtanga : sa simplicité. Elle enlève le superflu, met à nu les réactions, et révèle ce qui demeure quand le corps et l’esprit sont mis à l’épreuve. Et ainsi, revenir au tapis enseigne la résilience, le lâcher-prise et l’honnêteté.

L’Ashtanga est plus qu’un exercice physique : c’est un chemin de redécouverte de soi.

Une méditation en mouvement

Pour moi, l’Ashtanga résonne profondément avec la méditation Vipassana. En Vipassana, l’attention se tourne vers les sensations les plus subtiles, dans l’immobilité. Si la douleur apparaît, on apprend à ne pas alimenter l’aversion. Si des sensations agréables surgissent, on apprend à ne pas s’y accrocher.

En Ashtanga, le même entraînement se fait, mais à un niveau plus « dense ». Au lieu de rester assis, on bouge. La séquence est fixe : il n’est pas possible d’éviter les asanas que l’on n’aime pas, ni de s’attarder uniquement sur ceux qui paraissent faciles. On traverse toute la pratique, en rencontrant inconfort et plaisir, sans céder ni à la résistance ni à l’attachement. L’invitation est de rester dans l’équanimité.

À travers ce processus, les réactions deviennent visibles. La pratique révèle des schémas, les déconstruit, et construit lentement une force, pas seulement dans le corps, mais aussi dans l’esprit. L’Ashtanga Yoga nous met face à nous-mêmes, avec une honnêteté brute.

Vipassana comme Ashtanga entraînent à cultiver cette équanimité et à l’emporter dans la vie quotidienne. Quel que soit le défi, quelle que soit la joie, la pratique invite à rester stable. À continuer, travailler, sourire, revenir sur le tapis, quoi qu’il se passe.

योगस्थ: कुरु कर्माणि सङ्गं त्यक्त्वा धनञ्जय |
सिद्ध्यसिद्ध्यो: समो भूत्वा समत्वं योग उच्यते || 48||

yoga-sthah kuru karmani sangam tyaktva dhanañjaya
siddhy-asiddhyoh samo bhutva samatvam yoga uchyate

Sois ferme dans l’accomplissement de ton devoir, ô Arjuna, en renonçant à tout attachement au succès comme à l’échec. Cette équanimité est appelée Yoga.

Bhagavad Gita: Chapter 2, Verse 48